Il aimait la "culture" gothique, la musique métal, les armes et les jeux vidéo violents, dont un qui s'intitulait "Massacre à Columbine". Mercredi 13 septembre, Kimweer Gill gare sa voiture devant le Collège Dawson, établissement préuniversitaire anglophone de Montréal. Tout de noir vêtu, l'homme de 25 ans s'y engouffre avec trois armes, dont une semi-automatique. Il est 12 h 41 lorsqu'il commence à tirer, à l'aveuglette, dans la cafétéria et le couloir. La police intervient alors qu'il a déjà tué une étudiante de 18 ans et blessé onze personnes, dont quatre sont encore dans un état critique. Le tireur, blessé par un policier, meurt après avoir retourné une arme contre lui.
Après les scènes de panique à l'intérieur de l'école, l'évacuation en désordre de 10 000 étudiants, la fermeture du quartier et du métro avoisinants, l'affolement des parents et amis d'élèves, la situation s'est calmée jeudi, alors que la police entamait son enquête et qu'on s'interrogeait sur le sort des blessés. Au Québec, les drapeaux ont été mis en berne et ailleurs au Canada les réactions horrifiées, surtout dans les écoles, se multipliaient. Le souvenir du massacre de l'Ecole polytechnique de Montréal, qui avait fait quatorze victimes, des femmes tuées par un homme en décembre 1989, planait encore sur les esprits.
Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a qualifié la fusillade d'"acte de violence lâche et insensé" tandis que son homologue québécois, Jean Charest, saluait la rapidité d'intervention de la police face à un "événement horrible et inexplicable". Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, parlait lui d'acte "isolé" bien que "tragique et bouleversant".
"DANS UNE PLUIE DE BALLES"
Au Collège Dawson, fermé jusqu'à lundi, le directeur Richard Filion soulignait que "le 13 septembre aura été le jour le plus long et le plus triste" de l'établissement. Alors que l'association étudiante l'accusait de n'avoir rien fait pour prendre en charge les élèves après la fusillade, lui répondait n'avoir eu qu'une priorité : "Evacuer tout le monde."
Des voix s'élevaient déjà pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu au Canada. Une procédure d'enregistrement complexe, coûteuse et mal appliquée a été mise en place dans les années 1990. Lors des dernières élections, sous la pression des chasseurs, les conservateurs ont promis de la supprimer et le sujet est à l'ordre du jour de la session parlementaire d'automne. Nul doute que la fusillade va relancer le débat.
Dès jeudi, on en savait long, par ailleurs, sur la personnalité tourmentée du tireur fou. Kimweer Gill tenait à jour un blog très complet, hébergé sur un site "gothique", point de rendez-vous virtuel de plus de 600 000 adeptes de ce mouvement. Il y décrit abondamment sa haine des gens "normaux" et d'une "société corrompue", parle de sa passion pour les fusils, les massacres, l'anarchie. Dans un questionnaire, il donne cette réponse quasi testamentaire sur la façon dont il voudrait mourir : "Comme Roméo et Juliette ou dans une pluie de balles."
Personnellement, le frère de mon ami était là et il est une des victimes qui sont hospitalisés...
J'espaire qu'il va s'en remêttre, même si ne sais pas si c'est l'une des personnes en état critique... Guerris vite Hodge !