| 5. L'UTILISATION DE LA PORNOGRAPHIE INFANTILE |
Plusieurs experts rappellent outre à l'exploitation sexuelle de l'enfant, l'utilité que certains individus peuvent tirer de ce type de matériel :
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L'excitation et le plaisir : certains individus utilisent ce type de pornographie pour contribuer à leurs stimulations sexuelles. Certains de ceux-ci se contentent de fantasmer et d'autres peuvent l'utiliser comme un prélude à des relations sexuelles avec un mineur d'âge.
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La validation et la justification de ce genre de comportement : ils utilisent cette pornographie pour se convaincre que leur comportement ou leurs monomanies n'ont rien d'anormal et que ces conduites sont partagées par des milliers d'autres personnes.
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La diminution des inhibitions de leurs futures victimes : les abuseurs d'enfants utilisent les photos d'enfants abusés afin de les aider à séduire ou plutôt à tromper l'enfant et à encourager l'enfant peu disposé à avoir des relations sexuelles librement. En outre, ces images sont souvent utilisées pour montrer la manière dont l'abuseur veut que l'enfant accomplisse l'acte sexuel et peuvent également être utilisées comme moyen " d'éducation sexuelle " pour créer une excitation chez l'enfant.
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Un moyen d'échange : la pornographie infantile est utilisée comme un moyen permettant d'établir la confiance et la camaraderie entre abuseurs et comme preuve de leurs intentions lorsqu'ils établissent le contact avec d'autres exploiteurs. C'est un moyen de communication entre abuseurs que ce soit dans le cadre d'un marché du sexe privé ou public.
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Permet l'accès : certains exploiteurs échangent ce matériel pour pouvoir accéder à d'autres marchés et d'autres enfants.
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Le profit : il y a également un aspect commercial important de ce type de matériel. Certains l'utilisent par exemple pour financer leurs séjours dans des pays où ils pourront avec une certaine impunité assouvir leurs besoins sexuels. D'autres par contre, qui n'ont pas d'attirance particulière pour les enfants n'y verront que l'aspect financier. En effet, il ne faut pas perdre de vue qu'un véritable marché mondial de la pornographie enfantine s'est développé par le canal de l'Internet et que ce marché est pour certaines organisations criminelles un véritable " business " au même titre que la drogue. Néanmoins, sur le réseau où les risques peuvent devenir très faibles et les gains élevés et rapides à obtenir, il n'est pas nécessaire qu'une organisation de taille soit mise en place, souvent une seule personne peut suffire.
| 6. LES AVANCEES TECHNOLOGIQUES |
Les progrès technologiques ont souvent ouvert de nouvelles perspectives aux producteurs, distributeurs et utilisateurs de la pornographie enfantine.
Il n'y a pas si longtemps, une grande partie des exploiteurs d'enfants à des fins pornographiques disposaient uniquement d'appareils photos ou vidéos sur pellicule qui ne facilitaient pas le développement ou le tirage des scènes produites. Cette manipulation était principalement effectuée par des laboratoires commerciaux qui étaient souvent à la source de nombreuses dénonciations.
Ensuite, l'apparition de la caméra vidéo grand public et des magnétoscopes a éliminé la nécessité de faire développer les films. Ainsi, le " studio " est devenu la résidence d'un individu, où les exploiteurs d'enfants peuvent filmer en toute tranquillité.
Mais, c'est l'arrivée de l'ordinateur individuel combiné à un modem qui a révolutionné au début des années 90 la production, la transmission et la distribution de ce type de matériel.
Un rapide relevé des nouvelles technologies informatiques nous donnera une esquisse de l'ampleur de la révolution qui vient de se produire, c'est-à-dire en quoi l'informatique et plus particulièrement la dématérialisation des supports ont facilité la production et la diffusion de matériel pornographique impliquant des mineurs :
Les ordinateurs peuvent numériser les photos, les négatifs ou les diapositives via un scanneur afin de les stocker, de les dupliquer ou de les transmettre.
Les clips vidéos sous format traditionnel ( Ex. : cassettes vidéo de magnétoscopes, de caméras VHS, etc. ) peuvent être retranscrits en format numérique et donc dématérialisés et transportables via le réseau ou tout autre support numérique.
Il existe également des appareils photos ou caméras numériques pouvant directement être reliés à l'ordinateur. Ainsi par exemple, avec une caméra numérique branchée à l'ordinateur et une connexion au réseau, il est possible de communiquer en " real vidéo " ce qui permet à votre interlocuteur de voir en direct ce que vous êtes en train de filmer et vice versa.
Ces images et clips vidéos ou tout autres matériels numérisés peuvent être transmis anonymement via le réseau et reçus tout aussi anonymement de manière quasi instantanée. En effet, ces fichiers de données numérisés peuvent être codés par des logiciels cryptographiques très puissants, ce qui rend la détection de ce genre de matériel très compliqué, voire impossible. Le réseau est donc un lieu dans lequel le crime paie, car les risques pour le criminel peuvent devenir très faibles.
Même lorsque la justice saisit des images ou vidéos, la possibilité de les diffuser peut subsister. En effet, lorsque les données sont introduites sur le réseau, elles peuvent être transférées ou téléchargées par un nombre indéterminé d'utilisateurs et peuvent être reproduites sur n'importe quel type de support indéfiniment sans perte de qualité. Ceux-ci pourront donc les remettre à disposition sur le réseau et ainsi de suite. Ainsi, la diffusion de cette représentation renouvelle sans arrêt cette victimisation, longtemps après le délit originel.
Les coûts de transfert de ces fichiers via le réseau ou tout autre support numérique sont peu coûteux. Ainsi par exemple : un DVD-rom peut contenir des dizaines de milliers d'images, alors qu'il ne coûte que quelques centaines de francs belges. L'informatique a rendu la retouche d'image et le montage vidéo à la portée de tout le monde.
Il est devenu relativement facile de modifier une image ou une vidéo par ordinateur de façon quasi professionnelle. Ainsi par exemple, il est aisé de masquer le visage d'une personne tout au long de la vidéo, de créer des images " pseudo-pédophiles ", c'est-à-dire en donnant à un adulte l'apparence d'un enfant. Pour cela, il est possible de juxtaposer un visage d'enfant sur un corps d'adulte, de supprimer les poils pubiens, de réduire ou minimiser les seins, etc..Comme dit précédemment, il ne faut pas croire que ce type de pornographie enfantine truquée est sans danger. En effet, l'enfant ou l'adulte confronté à ce type de matériel risque d'être désensibilisé et manipulé jusqu'à croire que l'activité pornographique impliquant des enfants est " normale ", de plus comment faire la distinction entre une photo qui a été modifiée ou non ?
La technologie permettra prochainement de créer facilement une pornographie enfantine totalement virtuelle (en images de synthèse), c'est-à-dire sans utiliser d'enfant véritable mais en créant par exemple une séquence animée en trois dimensions.
Il est facile de réaliser et de participer à des messageries ( BBS, Usnet, etc.) exclusivement consacrées à l'échange d'informations sur l'intérêt sexuel porté aux mineurs. Ainsi, le réseau Internet peut servir à prendre contact avec d'autres exploiteurs d'enfants et être utilisé pour diffuser de la pornographie infantile. Il est relativement facile de faire du commerce sur le réseau. Ce commerce du sexe qui est facilité par les moyens de payement modernes génère des profits importants et le pouvoir d'achat peut encourager certains diffuseurs commerciaux à se mettre en quête d'images illégales répondant aux desiderata de certains clients.
En outre, les exploiteurs sexuels peuvent plus aisément nouer des contacts avec des enfants, notamment de jeunes adolescents seuls ou perturbés, en se connectant sur des groupes de discussion. Selon le FBI, certaines de ces relations dues aux ordinateurs se concluent par une rencontre effective et une activité sexuelle avec l'adolescent.
| 7. L'AMPLEUR DE LA PORNOGRAPHIE INFANTILE SUR INTERNET |
Bien que l'on constate que la pornographie légale ou illégale est belle et bien présente sur le réseau, il faut néanmoins relativiser sa présence.
En effet, il serait tout à fait fallacieux de vouloir assimiler l'image d'Internet à une Sodome électronique destinée au porno hard et dominée par des exploiteurs d'enfants.
On peut facilement imaginer que c'est plutôt l'accessibilité de ce type de matériel qui a produit une perception amplifiée de sa présence.
| 7.1. LES DONNEES STATISTIQUES |
Le nombre de services sur le réseau Internet qui mettent à disposition du matériel pornographique impliquant des enfants est actuellement difficile à déterminer avec exactitude, vu notamment le caractère volatile et clandestin de ceux-ci.
De même, il est quasiment impossible de déterminer le nombre exact de personnes qui consultent quotidiennement l'ensemble de ces services.
Comme on l'a fait remarquer lors de la réunion internationale consacrée à la pornographie impliquant des enfants et à la pédophilie sur l'Internet organisée par l'UNESCO en janvier 1999, " le chiffrage est peut-être lui-même un problème qui devrait être analysé, traité et confié à une instance compétente. "
Ce problème n'est pas spécifique au réseau, puisque dans ce domaine (l'exploitation sexuelle d'enfants), les données chiffrées sont apparemment inexistantes ou très fragmentaires.
Les travaux du comité européen pour les problèmes criminels effectués en 1991 ont fait apparaître un manque évident de documentation et d'information en termes de données concrètes.
Selon ces derniers, bien qu'il y ait peu de doutes que l'exploitation sexuelle d'enfants est un phénomène qui va en s'amplifiant, il est difficile du fait de l'absence de travaux qualitatifs et quantitatifs, de se faire une idée précise de son ampleur.
Les données fournies par les différents Etats membres étaient modestes (un cas de pornographie impliquant des enfants en Belgique, en Suisse, etc.), occasionnelles (aucune donnée spécifique sur des bandes dessinées, films pornographiques, etc.) et discontinues.
Néanmoins, il semble que les choses évoluent puisqu'en ce qui concerne la Belgique, à la lecture du dernier rapport annuel (année 1998) du gouvernement au parlement sur l'application des lois du 13 avril 1995 et sur la lutte contre la traite des être humains en général, on constate qu'il y a une volonté d'améliorer la connaissance du phénomène.
Ce rapport contient notamment un exposé de la situation en ce qui concerne les poursuites judiciaires relatives à la traite des êtres humains.
Cependant, les statistiques judiciaires ne nous permettent pas de savoir combien de délits relatifs à la pornographie infantile ont été commis via le réseau Internet. En effet, il n'y a pas de classification sous le délit télématique lui-même, mais toujours sous le délit qu'on a commis à l'aide de la télématique.
Toutefois, si on se base sur les statistiques policières issues de la National Computer Crime Unit dont l'une des missions est la lutte contre la pornographie infantile sur Internet, on constate que durant l'année 1998, 47 dossiers répressifs relatifs à la pornographie infantile ont été ouverts en Belgique.
Il faut préciser que seules les plaintes concrètes et exploitables qui concernent la Belgique (personne de nationalité belge, sites Web belges, infractions commises au départ de la Belgique, etc.) sont analysées " techniquement " et transmises ensuite pour enquête judiciaire à un service de police belge compétent.
Quant aux infractions commises à partir de l'étranger, elles sont signalées au service de police étranger compétent en la matière.
Tout en étant conscient qu'il existe très probablement un chiffre noir assez élevé et qu'une étude même approximative de l'ampleur du problème sur le réseau Internet est actuellement difficilement réalisable, nous pouvons néanmoins tenter d'apercevoir l'écume de celui-ci.
| 7.2. QUELQUES INDICES DE LA PRESENCE DE PORNOGRAPHIE IMPLIQUANT DES ENFANTS SUR LE RESEAU |
Ces indices seront pour la plupart tirés de mon expérience personnelle en tant qu'utilisateur du réseau, du sondage effectué par le groupe M.A.P.I. (Mouvement Anti-Pédophilie sur Internet) et d'une étude statistique privée effectuée par Marty Rimm de l'Université de Carnegie Melon (Etats-Unis).
A la suite de quelques recherches sur le réseau, on s'aperçoit assez rapidement qu'il ne faut pas être un fin limier pour être confronté à des offres laissant que très peu de doutes quant à leur signification, même si la langue de Shakespeare ne nous est pas familière. En effet, il est facile pour quiconque d'accéder à des sites pornographiques commerciaux sur le Web grâce aux moteurs de recherche.
Bien que la plupart de ces sites n'aient pas à priori une vocation à distribuer du matériel pornographique illégal, ils proposent néanmoins dans la majorité des cas, à côté du matériel pornographique dit " classique ", du matériel " insolite " impliquant par exemple des adolescents (13-19 ans) voire des enfants (moins de 13 ans).
Ce matériel particulier dit " insolite " est souvent décrit par les propriétaires des sites comme légal dans leur pays.
Ces sites commerciaux suivent tous, à quelques exceptions près, le même principe. Ils attirent les clients potentiels en leur permettant d'accéder gratuitement à un échantillon de services qu'ils peuvent fournir. Lorsqu'ils ont intéressé le client, ils lui demandent un payement pour accéder à la totalité des services.
Ainsi, le moyen le plus efficace pour arriver à leurs fins est de proposer aux clients le matériel qu'ils désirent consulter. On peut donc penser que la demande des consommateurs pour ce type de matériel va réguler l'offre.
Il existe également des sites commerciaux plus spécialisés dans ce type de matériel et dans les services offerts.
Ainsi par exemple, certains de ces sites proposent des services bien particuliers comme l'accès à des sites secrets, des BBS privés, des séjours à l'étranger pour passer du virtuel au réel ( Ex. : " sex tours " au Mexique ou en Thaïlande), etc..
Il existe en outre des sites qui proposent de manière beaucoup plus insidieuse du matériel pornographique infantile.
Ainsi par exemple, des policiers suédois ont découvert un abuseur d'enfants grâce à son site " personnel ". Le site de cet homme de 22 ans était assez anodin en apparence puisqu'il proposait des photos et des renseignements sur l'éducation des enfants. Mais en poursuivant leur examen, les policiers ont découvert qu'il était possible de commander des photos d'enfants à caractère pornographique.
On peut également accéder facilement à des sites que l'on pourrait désigner d'idéologiques puisque leur but premier est de justifier l'amour et les relations sexuelles entre un adulte et un enfant.
Les plus actifs dans ce domaine se font appeler les boylovers. Ils utilisent souvent des arguments pseudo-scientifiques où les références à l'antiquité croisent généralement celles de la biologie et de la génétique pour fournir à la pédophilie une légitimation sociale et intellectuelle. A côté de ces discours, dont on peut aisément imaginer l'effet néfaste qu'ils pourraient avoir sur les esprits les plus faibles, il y a sur ces sites des photos d'enfants nus, rarement impliqués dans des scènes pornographiques, mais qui ne laissent que peu de doutes quant à l'utilisation faite de ce type de matériel.
| 7.2.2. LES GROUPES DE DISCUSSION |
Le groupe M.A.P.I. a recensé une dizaine de groupes de discussion très actifs dans la pornographie infantile. En effet, leurs intitulés sont très clairs quant à leurs contenus (Ex. : alt.sex.incest, alt.sex.children, alt.sex.pedophilia.pictures, etc.).
Ils font remarquer que ces groupes, que l'on peut apparenter à des groupes de " propagande ", ne sont en réalité que la partie visible. Sous ceux-ci, se trouve un univers underground d'adeptes de la pornographie infantile, accessible au seul public averti des noms de code, mots clés, pseudonymes, langage codé, etc. Ils précisent également que si certains se contentent d'échanger du matériel pornographique infantile, d'autres vont plus loin en se livrant à un véritable trafic d'enfants.
Ainsi, on peut trouver dans ses groupes de discussion des images ou des demandes d'images ( exemple 1), des demandes de rencontres réelles (exemple2), de la propagande justifiant les relations sexuelles entre adulte et enfant, etc.. Pour compléter leur témoignage, ils proposent dans un tableau de donner un aperçu de l'activité au sein de ces groupes de discussion (tableau 1). Celui-ci reprend le trafic observé dans six groupes de discussion réputés dans ce type d'activités. La première colonne reprend le nom des groupes, la deuxième le nombre de messages échangés entre le 01/01/1997 et le 27/01/1997 et la troisième, le nombre de messages contenant des images